mercredi 4 avril 2018

La chapelle de la famille Roux, à La Vachette

Au début du XIXe siècle, à La Vachette, hameau de Val-des-Près, près de Briançon, la branche de la famille Roux dont nous descendons était représentée par Claude Roux (1764-1828), sa femme Luce Caire (1766-1835), originaire de La Salle et leurs enfants, le fils aîné François, nôtre ancêtre, et les 3 filles : Catherine, Thérèse et Madeleine. Les 3 filles se sont mariées en dehors du village, respectivement avec Jacques Ollagnier, de Saint-Chaffrey, Pierre Roul, de Saint-Blaise, et Jean Faure-Brac, un douanier originaire de Cervières. Pour une raison indéterminée, François Roux a quitté son village natal après son mariage avec Germaine Guibert, des Pananches (hameau de La Salle-les-Alpes) en 1826, et s'est installé chez son beau-père.

C'est ainsi qu'au début des années 1830, il ne reste plus aucun représentant de cette famille Roux à La Vachette. Cette famille semble avoir disposé d’une certaine aisance. Pourtant, en 1841, lorsque le cadastre de la commune est établi, elle ne possède plus rien sur le territoire de la commune. Toutes les propriétés de la famille ont été liquidées. Toutes, sauf une. François Roux n'a gardé que la propriété d’une petite chapelle , comme on le voit sur cet extrait de la matrice cadastrale :


Le plan cadastral permet de situer cette chapelle :


Elle se trouvait à la sortie de La Vachette, sur une petite parcelle de 12 centiares, soit 12 m2, située le long de la route qui mène à Névache et au bord de la Durance.

Dans tous les villages de la région, il était courant que certaines familles construisent ainsi des chapelles. Sur le territoire de La Vachette, à l'entrée du village depuis Briançon, se trouve encore la chapelle de la famille Prat. Elle nous permet de nous faire une idée assez juste de ce devait être celle de la famille Roux.




La chapelle de la famille Roux devait être aussi un petit édicule, d'aspect assez modeste. La famille devait l’avoir fourni de quelques objets de culte et, j'imagine, de modestes statuts et autre ornements religieux. Je ne connais pas les conditions pour ériger et posséder ce type de chapelle. Il est probable qu'il fallait disposer d'une autorisation de l'autorité ecclésiastique. L'édifice était ensuite consacré par le curé du lieu. Pour les familles, c'était surtout la marque de leur enracinement dans le village, une démonstration d'une forme de notabilité et respectabilité et, en la positionnant à l’entrée du village, une manière de montrer leur emprise sur le territoire de la commune. Disposer d'une parcelle, faire construire un bâtiment, même modeste, et entretenir ce lieu de culte nécessitaient une certaine aisance financière. Cela pouvait aussi répondre à un vœu fait par un membre de la famille ou une donation par une personnalité qui souhaitait remercier son village.

Vu la forte charge symbolique et familiale de ce type d’édifice, il était donc normal que François Roux ne garde que ce bien sur le territoire de la commune. Ainsi, il marquait sa fidélité à la lignée familiale et perpétuait son enracinement sur le territoire de la paroisse de La Vachette.

Qu'est devenue cette chapelle ? Nous ne savons pas quand la famille s'en est dessaisie, ni au profit de qui. Elle a été démolie dans les années 1965-1970, car, trop au bord de la route, elle gênait le trafic et empêchait d’élargir cette voie de communication vers Névache qui devenait de plus en plus passante. Il ne reste plus que l'emplacement, sur une petite bande de terre entre la route et la Durance, approximativement là où se trouve la bannière publicitaire pour le camping proche.


Sur le cadastre actuel, la parcelle existe toujours, comme on le voit sur ce tracé des parcelles en surimposition d'une photo aérienne. On voit bien qu'elle empiète sur la route moderne :


Je me suis essayé à reconstituer l'image que l'on en aurait si elle existait encore :


Certes les ombres ne sont complètement cohérentes (je n'ai pas tant d'images de chapelles sous la main !) et j'ai préféré la positionner un peu en retrait de la route, comme il se doit (cela aurait paru un peu étrange d'avoir une chapelle en partie sur la route); Malgré cela, j'espère que cette reconstitution nous donne une image suggestive de la chapelle de la famille Roux à La Vachette.

Généalogie ascendante et descendante de François Roux : cliquez-ici.
Lien de parenté avec François Roux :  cliquez-ici.

lundi 19 mars 2018

Les portraits de Joseph Donnet et Claudine Romeyer

Au terme d'un véritable jeu de pistes, je viens d'obtenir les photographies des portraits de nos  ancêtres : Joseph Donnet [144] et son épouse Claudine Romeyer [145].

Il y a peut-être 20 ans de cela, j'avais consulté une étude généalogique sur la famille Berthoud, à la bibliothèque généalogique de la rue de Turbigo. Cette famille Berthoud nous est apparentée car deux des enfants de ce couple Donnet/Romeyer ont épousé des enfants Berthoud, dont est issue la famille Berthoud étudiée dans ce travail. Il était fait mention de cette paire de portraits avec une indication du nom du propriétaire. J'en avais gardé une mauvaise photocopie et j'ai décidé de tenter de les localiser. J'ai d'abord reconstitué la branche de la famille qui semblait correspondre au propriétaire cité, jusqu'à ce que je trouve qu'il était décédé depuis 2006. Malgré tout, par recoupements, j'ai compris que ses descendants (ses filles en fait) possédaient toujours une propriété, dont j'ai trouvé l'adresse sur Internet. Comme une bouteille jetée à la mère, j'ai envoyé un courrier à cette adresse avant les vacances de Noël et fin janvier, j'ai reçu un mail avec les deux clichés.

Joseph Donnet et Claudine Romeyer étaient aubergistes à l'Hôpital, un village au bord de l'Arly, le long de la route, en contrebas du village de Conflans. Conflans et de l'Hôpital ont été réunis sous le nom d'Albertville en 1836 :
En ce début du XVIIIe siècle, le bourg de l'Hôpital n'a guère évolué et ne compte que quelques centaines d'habitants. [...]
Mais tout va changer à partir de 1733 avec la création d'une route au bas du rocher de Conflans pour rendre plus facile le commerce et la circulation des voitures à sels venant des Salines de Moutiers. L'occupation par les troupes espagnoles (guerre de succession d'Autriche 1742-1749) de Conflans, l'isolant de ses fournisseurs et de ses clients accentua encore ses problèmes, dont le bourg de l'Hôpital su en tirer avantage avec ses auberges et commerces. L'installation des Royales Salines de Conflans au bas du promontoire en 1753 et produisant 20 000 quintaux de sels par an, n'apporte rien au vieux bourg. Le déplacement de la route a réduit Conflans à un cul de sac et son déclin se poursuivra jusqu'à son rattachement en 1836 à la ville de l'Hôpital.
Le bourg de l'Hôpital continue son évolution et commence à délaisser l'agriculture pour se concentrer sur le commerce, en 1785 90% des familles vivent du commerce, de l'hôtellerie ou de l'artisanat. De nouvelles digues sont élevées et de nouveaux terrains sont gagnés sur l'Arly.

Ce couple d'aubergistes a su profiter de cette expansion en devenant des notables de la petite bourgade, dont l'emprise apparaît bien sur ce plan de 1809. Ils possédaient une auberge dans la Grande-Rue, sous le nom d'Hôtel de la Balance :


De leur mariage en 1774 sont issus au moins 12 enfants, dont Joseph Donnet (1780-1845), époux d'Agathe Berthoud (1791-1875), lui même aubergiste comme son père à qui il a succédé. C'est lui qui a récupéré cette paire de tableaux qui est ensuite passée à l'une de ses filles, puis par descendance jusqu'aux propriétaires actuels.

Acte de mariage de Joseph Donnet et Claudine Romeyer
Claudine Romeyer a souhaité être représentée en train d'écrire. En plus de la richesse de son habillement, des bijoux qu'elle porte (les bagues au doigt, les rangs de colliers, les boucles), qui sont un premier signe de son statut, elle a aussi voulu l'affirmer encore plus en montrant sa maîtrise de l'écriture. Je n'ai pas suffisamment d'informations sur sa vie pour savoir quelle était son origine sociale, ni son éducation. Elle avait la réputation d'être très procédurière et qu'elle partait sur sa mule chargée de sacs à procès. Quant à Joseph Donnet, le portrait est beaucoup plus sobre. Le seul élément distinctif est cette clef qu'il porte sur une sorte de coussin. C'est probablement le signe d'une responsabilité. Au delà de son activité d'aubergiste, la seule chose notable que je sais est la mention dans son acte de décès : "procureur des œuvres pies, office qu'il a rempli avec zèle pendant près de 40 ans". C'est peut-être cela que signifie cette clef.

L'Hôpital, en 1858.



Généalogie (encore partielle) du couple Joseph Donnet-Claudine Romeyer : cliquez-ici.
Lien de parenté avec Joseph Donnet et Claudine Romeyer :  cliquez-ici.

Les informations et les images d'Albertville proviennent de ce site : http://www.albertvillefortifications.com/histoiredalbertv/index.html

samedi 24 décembre 2011

Un courrier de notre arrière-grand-père Magron


On trouve tout sur Internet. En faisant une simple recherche avec le nom de Duthu dans le site de numérisation de la Bibliothèque Nationale de France (Gallica), j'ai eu la surprise de tomber sur un courrier de Gabriel Magron, notre arrière-grand-père. Je vous laisse découvrir le courrier :



Le courrier a été écrit sur le papier à en-tête de la pharmacie qu'il tenait à Roubaix, au 32 rue Neuve (actuellement rue du Maréchal Foch). Comme on le voit la raison sociale est encore Pharmacie Couvreur et c'est un simple tampon "Magron-Duthu successeur" qui permet de faire apparaître le nom du nouveau propriétaire.

La transcription du courrier :

Roubaix, le 8 mai 1904
Service municipal des eaux de Roubaix Tourcoing.
21 rue du capitaine Aubert, Roubaix
Monsieur
Depuis plusieurs trimestres je paye davantage pour la fourniture d'eau, et cependant, d'après certaines constatations, j'en use moins. Je vous prie de faire le nécessaire au cas où le compteur aurait un fonctionnement défectueux depuis quelques temps.
Je vous présente, Monsieur, toutes mes salutations.
Magron Duthu

On remarquera qu'il signe de son nom et de celui de son épouse, Berthe Duthu.

L'installation devait être récente puisqu'un autre courrier du pharmacien Couvreur est aussi disponible. En date du 23 février 1900, il annonçait son installation au 32 rue Neuve à Roubaix et demandait le raccordement au réseau d'eaux de la ville.



Gabriel Magron était pharmacien à Dijon lorsqu'il se marie en avril 1896 avec Berthe Duthu, de Beaune. Ils habitaient au 112 de la rue Monge. C'est là que sont naît leurs trois premiers enfants : Robert, le 7 février 1897, André, le 4 novembre 1899 et Berthe (tante Nithe) le 29 novembre 1900. En 1902, ils ne sont déjà plus recensés à Dijon. Dans le courrier, l'indication "depuis plusieurs trimestres" peut laisser entendre qu'ils sont à Roubaix depuis déjà quelques temps. Leur installation doit donc dater de 1901 ou, au plus tard, 1902.

Pour finir, une vue contemporaine de la rue Neuve :


Ces documents sont consultables sur le site de la bibliothèque numérique de Roubaix (www.bn-r.fr)

Lien vers la généalogie de Gabriel Magron : cliquez-ici.

jeudi 27 janvier 2011

La Motte-en-Champsaur


Une site très intéressant sur le Champsaur présente une série de belles vues de la Motte en Champsaur, le village d'origine de la famille Escalle. Parmi les photos, quelques unes concernent directement la famille Escalle. Cette belle maison-forte avec une tourelle date de la fin du XVIe. Elle a appartenu aux Escalle au XVIIIe, jusqu'à ce qu'elle soit vendue au notaire Barthelemy dans les années 1860.


Cependant, suite aux arrangements familiaux, notre ancêtre Hippolyte Escalle (1804-1858) avait acheté une maison du village en décembre 1845. C'est celle dont on voit l'arrière sur cette vue.



Il avait acheté cette maison à Jean Joseph Gondre, dont le fils, Jean-Hippolyte Gondre a acquis une petite célébrité sous le nom de frère Polycarpe (voir sa vie en cliquant-ici).

Cela permet de découvrir une vue de la façade principale de la maison Escalle.



C'est là qu'a vécu Hippolyte Escalle (1804-1858), son fils Hippolyte (1838-1868) et qu'est né notre arrière-grand-père Hippolyte Escalle (1862-1939). Cette maison, avec l'ensemble des propriétés, a été vendue en 1936, mais tante Léonie, sœur de notre arrière-grand-père a gardé un logement jusqu'à son décès en 1950.

Pour voir d'autres photos de la Motte-en-Champsaur, cliquez-ici.

Lien vers la généalogie de la famille Escalle : cliquez-ici.

jeudi 30 décembre 2010

Hippolyte Escalle


Notre arrière-grand-père, Hippolyte Escalle, notaire à Briançon, a été nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 24 mai 1924. Il a ensuite obtenu le grade de chevalier de la Légion d'Honneur le 1er août 1934. Les deux fois, il a obtenu cette distinction au titre de son activité publique comme conseiller général des Hautes-Alpes.

Son dossier a été numérisé et il est désormais accessible sur Internet (base Léonore). Du dossier numérisé, j'ai extrait ces documents :

Fiche de renseignement pour sa nomination en 1924.


On y apprend qu'il a été quelques temps notaire à La Saulce, commune du sud des Hautes-Alpes, de mars 1888 à septembre 1889, avant d'être nommé notaire à Briançon le 26 octobre 1889. Il a alors 27 ans. Il se mariera quelques mois plus tard, le 21 juin 1890, avec Marie Roux, de Villeneuve-La Salle.
On y apprend encore qu'il a été conseiller municipal de Briançon depuis le 1er mai 1892 sans interruption jusqu'en 1934. Nous savions qu'il avait été maire de Briançon, mais ce document permet de confirmer qu'il a tenu ce poste pendant 9 ans, de juillet 1910 à décembre 1919.
Enfin, il a été conseiller d'arrondissement de Briançon à partir de juillet 1892, jusqu'à la disparition de cette fonction en 1919. Il est alors conseiller général des Hautes-Alpes, fonction qu'il occupera au moins jusqu'en 1934.

Ce jugement du préfet, qui appuie sa nomination, est flatteur pour son activité au profit de ses concitoyens : "Il se dévoue inlassablement et dépense sans compter toute son activité".

Le document suivant est aussi une fiche de renseignements pour sa nomination de 1934. Elle est moins complète que la précédente, sauf pour les distinctions nombreuses qu'il a déjà reçues.



Enfin, le dernier document est une lettre de sa main suggérant que la Légion d'Honneur lui soit remise par le docteur Petit de Briançon.



Lien vers la généalogie d'Hippolyte Escalle : cliquez-ici.

dimanche 14 novembre 2010

Marie Claude Tresse (1780-1833)


La généalogie ne fait en général qu'effleurer la vie des nos ancêtres. Certes, on peut savoir plus de choses que les seules dates de naissance, mariage et décès. On peut trouver quelques informations sur leur vie, leur patrimoine, etc. Cependant, l'histoire de notre ancêtre Marie-Claude Tresse nous permet seulement de pressentir une vie dramatique, mais la réalité et la force de ce drame personnel nous resteront à jamais inconnues.


Marie Claude Tresse est née le 2 juillet 1780 à Langres, deuxième fille de Simon Tresse, boulanger, et d'Etiennette Ageron. Elle est baptisée le même jour en la paroisse Saint-Pierre de Langres.

Acte de baptême de Marie Claude Tresse.

Langres est une petite ville fortifiée un peu austère, au nord de Dijon, sur la route qui mène vers la Lorraine.

Vue aérienne de Langres

Ville active, évêché aux nombreux couvents, elle a un artisanat florissant, en particulier dans la coutellerie. C'est la patrie de Denis Diderot. A l'époque, elle abrite entre 8 000 et 9 000 habitants. Avec le temps, elle perdra de son importance, avec la disparition de l'évêché après la Révolution et le choix de Chaumont comme chef-lieu de département de la Haute-Marne à son détriment.

Une rue de Langres qui n'a pas dû beaucoup changer depuis le XVIIIe siècle.

Le 13 floréal an VI (2 mai 1798), alors qu'elle a encore 17 ans, Marie Claude Tresse épouse Didier Sommier, un ancien séminariste (il a été tonsuré en 1787, mais n'a jamais été prêtre), de 11 ans son aîné (il est né le 3 avril 1769). Comme ses ancêtres, il est chapelier.

Signatures de l'acte de mariage de Didier Sommier et Marie Claude Tresse.

Enceinte peu de temps après son mariage, les 8 premiers enfants vont se succéder à un rythme effrayant entre 1799 et 1808 (tous nés à Langres) :
  • Simon Didier, né le 27 pluviôse an VII (15 février 1799)
  • Pierre Antoine Camille, né le 6 ventôse an VIII (25 février 1800)
  • Rémy Jules, né le 3 nivôse an IX (24 décembre 1800)
  • Marie Célinie, née le 18 pluviôse an X (7 février 1802)
  • Simonne Louise, née le 20 ventôse an XI (11 mars 1803)
  • Dominique Simon Théodore, né le 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805)
  • Jean Baptise Léon, né le 18 février 1807
  • Gabrielle, née le 22 novembre 1808

Je dis effrayant car l'écart entre les enfants est de l'ordre d'un an, sauf vers la fin, alors qu'à l'époque, il était souvent plus proche de 2 ans. En 1800, elle a deux enfants dans l'année, le premier né en février, suivi 10 mois plus tard d'un garçon né la veille de Noël. Ensuite, pendant presque 9 ans, plus d'enfant jusqu'à la naissance du petit dernier, Paul Sommier, le 11 août 1817. Son mari a quitté l'artisanat en étant d'abord instituteur, puis libraire. Il finira sa vie comme greffier en chef du tribunal de première instance de Langres.


En mai 1826, lors du mariage de l'un de ses enfants, Dominique, l'acte d'état civil précise qu'elle réside "accidentellement" à Saint-Dizier, une ville du nord de la Haute-Marne. L'absence de la mère au mariage et sa résidence loin de sa famille intriguent. Cela se répète pour les mariages suivants, en février et avril 1829, et lors du décès de son mari, le 11 mai 1829. En 1832, lors du mariage de sa dernière fille Gabrielle, on apprend qu'elle est "interdite de la gestion et administration de sa personne et de ses biens, par jugement du tribunal civil de Langres du 29 juillet 1829". Ce jugement a été prononcé quelques temps après le décès de son mari. On comprend enfin que Marie Claude Tresse souffrait de troubles psychiatriques suffisamment graves pour nécessiter un internement dans l'asile d'aliénés du département qui se trouvait justement à Saint-Dizier. Cet asile, pour reprendre le terme de l'époque, a été fondé en 1824 et recevait des malades de la Haute-Marne, de la Marne, de l'Aube et de la Seine.


Elle y restera jusqu'à son décès le 6 octobre 1833, à l'âge de 53 ans.

Voilà en quelques mots ce que l'on peut savoir du destin de cette femme, notre ancêtre. Comme vous le voyez, on ne fait qu'effleurer le drame que fut sa vie.

Sa fille cadette, Gabrielle, épouse Petitot, a aussi fini sa vie à l'asile départemental de la Haute-Marne (Saint-Dizier) le 7 août 1850 à 41 ans.

Carte postale ancienne représentant l'asile de Saint-Dizier.

Lien vers la généalogie de Marie-Claude Tresse : cliquez-ici.

samedi 2 octobre 2010

L'origine de la famille Magron


La famille Magron trouve son origine dans une petite vallée des Vosges, au pied du col du Donon qui permet de rejoindre l'Alsace. Cette carte permet de localiser les deux villages où se situent l'histoire de la famille au XVIIIe siècle : Vexaincourt et Raon-sur-Plaine.


Les aléas de l'histoire font que l'état civil de ces deux communes, qui appartenaient alors à la paroisse de Luvigny, est fortement lacunaire. En effet, à part quelques fragments, les registres commencent de façon continue en 1778. Cela ne permet guère de remonter loin dans le temps.

L'histoire commence par le couple Joseph Magron (né vers 1712) et Françoise Caier (née vers 1715.) Différents indices me laissent penser qu'ils ne sont pas originaires de cette vallées. Premier indice, tous les Magron que l'on trouve dans l'état civil des villages de Vexaincourt, Luvigny, Raon-sur-Plaine et Raon-lès-Leau peuvent tous se rattacher à ce couple. Deuxième indice, on ne trouve qu'une fois le nom de famille Caier dans ces états civils, présomption que l'origine est en dehors de cette vallée. Cependant, ils ne devaient pas venir de très loin. Cette carte des naissances Magron en France entre 1891 et 1915 montre que l'origine du nom de famille se situe entre la Meurthe-et-Moselle et les Vosges.




Ce couple a eu au moins deux fils, Joseph Magron, qui a été maire de Vexaincourt dans les années 1770, et Valentin, né vers 1747.

Le père, Joseph Magron, est mort à Raon-sur-Plaine le 29 mars 1790 à 78 ans. Dans son acte de décès, on voit la signature de son fils Joseph Magron.

Sa femme est décédée le 18 septembre 1791 à 76 ans. Cette fois-ci, c'est son fils Valentin, notre ancêtre, qui signe.



Alors que les parents Joseph Magron et Françoise Caier habitaient Raon-sur-Plaine, Valentin Magron vivait à Vexaincourt, peut-être suite à son mariage avec Odile Vigneron. Il est souvent qualifié de manœuvre, terme que l'on trouve souvent dans les registres de l'époque dans cette région. Cela correspond au journalier que l'on trouve dans d'autres régions. Il est aussi qualifié accessoirement de voiturier et de bûcheron. La principale activité de cette région était l'exploitation des forêts qui couvrent très largement le territoire de ces différentes communes
Du mariage avec Odile Vigneron, ils ont eu un fils Barthélemy Magron, né à Vexaincourt le 15 mai 1787.


Odile Vigneron est morte jeune, à 48 ans, le 27 prairial an III (15 juin 1795).


Son mari Valentin se remarie avec Barbe Ducarme. Ils ont un fils, Nicolas Magron, né en 1798, qui fait souche à Raon-sur-Plaine. On trouve sa descendance jusqu'à la fin du XIXe siècle, avec en particulier un marchand de bois et un aubergiste.
Valentin Magron est mort à Raon-sur-Plaine le 24 Floréal An IX (14 mai 1801) à 54 ans.

Quant au fils aîné, Barthélémy, notre ancêtre, on le retrouve quelques années plus tard à Is-sur-Tille, une commune au nord de Dijon. Il est cordonnier et il s'y marie le 29 novembre 1810 avec Marie Mathieu, fille d'un cordonnier. Ils s'installent ensuite un peu nord, sur la route de Langres à Prauthoy. Ici commence l'histoire de la famille Magron à Prauthoy, mais c'est une autre histoire...

Pour finir, quelques images de Raon-sur-Plaine :






La grande rue de Vexaincourt :


Lien vers la généalogie de la famille Magron (Barthélemy Magron) : cliquez-ici.