- Joseph, né à Vexaincourt le 6 décembre 1771.
- Marie, née vers 1776.
- Barthélémy, né à Vexaincourt le 15 mai 1787.
et un fils de son second mariage avec Barbe Ducarme :
- Nicolas Valentin, né à Vexaincourt le 1er floréal an VI [20 avril 1798].
Cet article est consacré au fils cadet Nicolas, dont nous avons tenté d'établir la descendance la plus complète possible jusqu'à nos jours.
L’histoire de cette branche de la famille est très différente de celles des trois branches issues du premier mariage de Valentin Magron. Aux première et deuxième générations, représentées par Nicolas Magron et son fils Jean Baptiste, c’est une famille qui reste enracinée dans son pays natal, c’est-à-dire Raon-sur-Plaine, et qui accède à une certaine position économique, comme marchands de bois et adjudicateurs de coupes, et sociale, comme maire de Raon-sur-Plaine. Comme cela arrive souvent, ce sont les générations suivantes qui poursuivent cette évolution qui nécessite de quitter le village. C’est ainsi que, quelques générations plus tard, on trouve un député-maire d’Aix-les-Bains, Dominique Dord et des alliances avec des familles nobles comme les Montalembert de Cers, une des plus anciennes familles de la noblesse française, ou les Silvestre de Sacy, de la noblesse d’Empire. Rappelons que l’un de leurs cousins, de la branche de Marie Magron, ép. Pierville, comme nous l’avons déjà raconté, était domestique et garçon de course dans une maison close de Lunéville, en 1911.
Bien que Nicolas Magron ait eu quatre garçons, il n’existe aujourd’hui que trois descendants vivants qui portent le nom de Magron. Ce sont trois des quatre filles de Pierre Magron (1907-1979). À terme, le nom de Magron ne va donc plus être représenté dans cette branche, comme dans celle de Joseph, le fils aîné de Valentin Magron. Seule la descendance de Barthélemy Magron comporte que porteurs jeunes du nom de Magron.
Nicolas Magron (1798-1876)
Le destin de Nicolas Magron, fils unique du second mariage de Valentin Magron, est très différent de celui des trois enfants du premier mariage. Ce n’est pas tant par ses différents métiers, tous en lien avec l’exploitation forestière, ni par ses lieux de vie, car il se partagera entre Raon-sur-Plaine, où il passera la plus grande partie de sa vie, et Vexaincourt, comme ses ancêtres. Il pourrait donc illustrer cette permanence sociale et géographique, comme nous l’avons dit pour les descendances de Joseph Magron et Marie Magron, ép. Pierville. Pourtant, on sent chez Nicolas Magron une évolution sociale qui marque une rupture avec son milieu, en particulier celui de ses frères et sœurs, à défaut d’avoir une vision claire du milieu sociale de son père. Seule une étude patrimoniale des différents enfants Magron pourrait mettre des données chiffrées et quantitatives sur les situations sociales des différents enfants, ce que nous n’avons fait que pour notre ancêtre Barthélemy. Il est probable que l’influence du milieu de sa mère, Barbe Ducarme, a joué dans la situation sociale de son fils.
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| Raon-sur-Plaine |
Si nous nous basons sur les indications fournies par l’état civil et les recensements, les quarante premières années de la vie de Nicolas Magron ne se distinguent guère de la vie de son père Valentin. Jusqu’en 1841, il est uniquement qualifié de bûcheron. Il vit avec sa famille à Raon-sur-Plaine, le village de sa mère. À partir de 1842, jusqu’en 1848, il devient commis de coupe, toujours à Raon-sur-Plaine. Sous réserve que ce terme ait toujours la même signification, le commis de coupe fait le lien direct entre les propriétaires forestiers et les scieries ou les entreprises de transformation du bois. À la différence du bûcheron, qui est un métier d’exécution, le commis de coupe est un métier commercial. Cela explique que, quelques années plus tard, dès 1851 et jusqu’en 1874, il devient marchand de bois. La différence entre ses deux activités est que le commis, comme son nom l’indique, ne s’engage pas financièrement, puisqu’il travaille soit pour un marchand, soit pour un propriétaire. Il est rétribué à la commission. En revanche, le marchand achète et vend du bois et donc mobilise des ressources financières personnelles. On perçoit l’évolution économique de Nicolas Magron en trois étapes de bûcheron, puis commis, et enfin marchand. D’ailleurs, en 1853, lorsqu'il fait saisir les biens de Joseph Silet, l’annonce judiciaire le présente comme ancien commis de coupes de bois, actuellement marchand de bois en gros, à Raon-sur-Plaine. En 1864, il est aussi qualifié d’adjudicataire, ce qui est une activité annexe du métier de marchand puisque c’est celui qui se rend adjudicataire de parcelles de bois, qui en assure la coupe et la commercialisation. La conclusion de tout cela est qu’à la fin de sa vie, lorsqu’il décède à Vexaincourt, le 11 février 1876, il est devenu rentier. Né à Vexaincourt, il a passé toute sa vie à Raon-sur-Plaine, le village d’origine de sa mère, où est mort son père alors qu’il n’avait que trois ans. Ce n’est qu’à la toute fin de sa vie, après 1874, qu’il est revenu vivre à Vexaincourt, probablement lorsqu’il a décidé de ne vivre que de ses rentes.
Nicolas Magron épouse en premières noces Marie Prone, fille d’un voiturier de Raon-sur-Plaine, le 17 décembre 1821. Ils ont tous les deux vingt-trois ans. La jeune épouse décède quatorze mois plus tard en 1823, après avoir donné naissance à un fils, Jean Baptiste. Nicolas Magron reste longtemps veuf jusqu’à son remariage avec Julie Arnoux (ou Arnoul, selon les actes), le 5 avril 1833. Elle est la fille d’un cordonnier et garde champêtre. Si l’on se fonde sur les témoins qui l’accompagnent lors de ces deux mariages, on comprend qu’il n’a guère gardé de liens avec sa famille paternelle. Lors de son premier mariage, son témoin est Nicolas Ducarme, un bûcheron comme lui, son parrain et un cousin du côté de sa mère. Lors du second mariage, c’est son ex-beau-père, Alexis Prone, voiturier, et un oncle du côté de sa mère. De même, il n’apparaît jamais comme témoin dans des actes des enfants de ses demi-frères ou de sa demi-sœur.
Nicolas Magron a un seul fils de son premier mariage avec Marie Prone (1798-1823) :
• Jean Baptiste, né le 30 avril 1822, à Raon-sur-Plaine.
et trois fils avec sa seconde épouse Julie Arnoux (1809-1881) :
• Augustin Adolphe, né le 13 mars 1836, à Raon-sur-Plaine.
• Nicolas Prosper, né le 17 septembre 1842, à Raon-sur-Plaine.
Jean Baptiste Magron (1822-1888)
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| Descendance de Jean Baptiste Magron |
Le fils aîné issu du premier mariage se met dans les traces de son père. Dans la première mention que l’on ait de lui, lors de son premier mariage à Raon-sur-Plaine, le 29 février 1848, avec Marie Joseph Valentin, il est commis de coupe, comme son père. Il travaille probablement avec lui. Il n’a que vingt-six ans et, à la différence de son père, il n’a dû être bûcheron que dans sa jeunesse. Ensuite, alors que son père devient marchand de bois, vers 1850, il reste commis de coupe. Là aussi, on peut imaginer qu’il travaille pour lui. Cela ne l’empêche pas de diversifier ses activités car, en 1851 et 1854, il est cabaretier, puis, en 1857, marchand épicier, même si l’on trouve mention du métier de commis de coupe jusqu’en 1864. Cette pluriactivité n’est pas étonnante puisque le commis de coupe est un métier saisonnier et rien ne s’oppose à y associer des métiers comme cabaretier ou épicier, d’autant que son épouse peut très bien l’épauler voire le remplacer, dans ces deux activités.
Vers 1870, jusqu’à son décès, son unique métier est désormais marchand de bois, comme son père à qui il a dû succéder. Enfin, Jean Baptiste Magron est maire de Raon-sur-Plaine de mars 1863 à août 1869. Pour une raison que l'on ignore, il n'est remplacé qu'en septembre 1870. Entre temps, les actes d'état civil sont assurés par l'adjoint Jean Baptiste Clément. Peut-être que nominativement, Jean Baptiste Magron reste maire jusqu'à cette date mais qu'il est empêché (maladie ? démission ?) d'exercer sa fonction.
Après le décès de sa première épouse, il se remarie avec une jeune fille de Raon-sur-Plaine, âgée de tout juste vingt ans, Marie Marguerite Biétry, alors qu’il est âgé de quarante-deux ans. Elle est la fille d’un voiturier, et la nièce de sa première épouse !
De ses deux mariages, Jean Baptiste Magron a eu cinq enfants vivants, tous nés à Raon-sur-Plaine. De Marie Joseph Valentin :
- Marie Coralie, née le 18 décembre 1848.
- Marie Virginie, née le 9 juillet 1852.
- Marie Joséphine, née le 24 juin 1856.
et de Marie Marguerite Biétry :
- Marie Mathilde, née le 23 janvier 1870.
- Georges Jean Baptiste, né le 22 avril 1875.
La fille aînée, Marie Coralie (1848-1919), épouse un charpentier de Raon-sur-Plaine, Pierre Amand Valentin (1846-1931). Leur seul fils, Ernest (1874-1914), boulanger à Raon-sur-Plaine est décédé sans postérité.
La seconde fille, Marie Virginie (1852-1920) est restée célibataire, d’abord auprès de son père, puis, après son décès, de sa sœur aînée et de son mari, à Raon-sur-Plaine Elle est dite sans profession ou qualifiée de rentière.
Marie Joséphine Magron (1856-1911), ép. Théodore Simon (1854-1914)
La fille cadette du premier mariage, Marie Joséphine (1856-1911), épouse en 1879, un compatriote, de Raon-lès-Leau, ce village qui se trouve sur la rive droite de la Plaine, en face de Raon-sur-Plaine, ce qui suffit à les faire appartenir à deux départements différents. Au moment de son mariage, Théodore Simon est déjà brasseur à Raon-sur-Plaine, activité que son père exerçait à Raon-lès-Leau au moment de sa naissance, en 1854. Il était aussi maire de cette commune. Lorsque Théodore Simon et Marie Joséphine Magron se marient, ce sont donc deux enfants d’anciens maires des deux communes limitrophes qui se marient.
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| Raon-lès-Leau et Raon-sur-Plaine, de part et d'autre de la rivière de La Plaine que l'on ne distingue pas sur cette vue aérienne |
Très vite après son mariage, Théodore Simon s’installe avec sa famille à Vaucouleurs, où il fonde en 1879 la « Brasserie de Vaucouleurs ». Lors d’une émission de bons décennaux, en 1926, l’annonce légale, publiée dans l’Est républicain, du 17 juillet 1926, donne un historique de la brasserie :
Créée en 1879 par M. Théodore Simon, la Brasserie de Vaucouleurs était à l'origine une affaire purement familiale qui dut son succès aux qualités de son fondateur.
Cette extension continue l'amena en 1909 à se transformer en société en commandite par actions, au capital de 380.000 francs.
En 1913, elle adoptait la forme anonyme et s'assurait en même temps la précieuse collaboration de personnalités particulièrement compétentes, notamment de MM. Charles Fisson, industriel à Xeuilley, et Louis Moreau, brasseur à Vézelise. Une impulsion nouvelle fut alors donnée au développement des affaires, à tel point que le chiffre des ventes, qui était de 8.000 hectos en 1913, est passé à 25.000 hectos dans ces dernières années.
Au lendemain de la guerre, le capital initial fut porté à 800.000 francs, tout d'abord pour permettre le fonds de roulement plus en harmonie avec les nécessités économiques du moment, ensuite pour permettre la réalisation des opérations suivantes :Parallèlement à ces opérations, le Conseil d'administration poursuivait la réalisation d'un programme de transformations matérielles qui a permis de doter la société d'un outillage moderne muni de tous les derniers perfectionnements, assurant la fabrication au meilleur prix de revient d'un produit parfait et d'un écoulement facile dans un rayon relativement restreint.
- Participation avec les Brasseries de Vézelise et de Saint-Nicolas-de-Port à l'acquisition de la Grande Malterie Lorraine, à Nancy, qui assura la totalité des besoins en malt de la fabrication ;
- Absorption de la Brasserie de Gondrecourt, située à 19 kilomètres de Vaucouleurs, qui fut transformée en entrepôt ;
- Acquisition de propriétés et immeubles devant permettre d'ajuster les moyens de production aux exigences de la vente.
Ajoutons que la Brasserie de Vaucouleurs s'est adjoint une importante fabrication de limonades et eaux gazeuses dont la progression a suivi celle de la bière.
Au moment de l’émission de l'emprunt, qui doit procurer la trésorerie nécessaire au développement de la société, le conseil d’administration est alors composé de son président, Louis Moreau, gérant de la Brasserie de Vézelise, de Maurice Jasson, brasseur à Sedan, du docteur Chaudron, à Celles-sur-Plaine, et de René Jacob, propriétaire à Vaucouleurs.
Après 1945, la fabrication des boissons bat son plein, mais la concurrence rend les affaires difficiles. Des groupements se forment. La brasserie de Vaucouleurs fusionne avec celle de Saint-Nicolas de Port et son directeur, Maurice Jean devient directeur adjoint de l'union Lorraine de brasseries. À la suite de ce regroupement, la brasserie de Vaucouleurs ferme définitivement le 31 décembre 1949 et les bâtiments sont détruits.
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| Bouteille de la Brasserie de Vaucouleurs |
À une date inconnue, Théodore Simon se met en retrait de l’affaire et laisse les rênes à Louis Moreau. Jusqu’en 1911, il habite avec sa famille à Vaucouleurs, d’abord rue des Rondes (1881-1896), puis rue de la République (1901-1906) et enfin rue de Domrémy (1911).
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| Carte postale de la rue de la République, avec la brasserie Simon, à droite |
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| Vue actuelle avec le même point de vue |
Après le décès de son épouse Marie Joséphine Magron, le 30 mars 1911, il va vivre à Nancy, 41, rue Isabey, où il habite lors de son décès le 23 octobre 1914. Il est décédé à la pension Bonsecours qui était un établissement payant au sein de l'hôpital civil de Nancy. Il est resté administrateur de la brasserie jusqu’à sa mort, puis est remplacé par son gendre le docteur Chaudron.
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| Pension Bonsecours, à Nancy (voir cet article) |
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| Avis de décès, dans l'Est républicain, du 26 octobre 1914 |
Théodore Simon et Marie Joséphine Magron ont eu deux enfants nés à Vaucouleurs :
- Albert Théodore, né le 4 septembre 1880.
- Marie Joséphine, née le 24 février 1884.
Albert Simon seconde son père à la brasserie de Vaucouleurs. Lors de son service militaire, il a affaire avec la justice militaire, comme le rapporte cet article du Journal du département de la Marne, du 4 juillet 1901.
C'est anecdotique, mais cela rappelle une nouvelle fois la richesse de la presse ancienne pour l'histoire familiale. Moins anecdotique, il est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale. Lee 2 novembre 1914, il est blessé au combat de Hardaumont, près de Verdun. Il est ensuite réformé pour troubles de l’audition le 18 septembre 1915 et se retire alors à Nancy, 49, rue des Jardiniers, dans une maison appartenant à son épouse. Il décède à Vaucouleurs, àl’âge de quarante-trois ans, le 30 janvier 1924.
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| Le Bulletin meusien, du 9 février 1924 |
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| Avis de décès, dans l'Est républicain, du 1er février 1924 |
De son mariage avec Jeanne Gandelet (1879-1929), ils n’ont eu que deux filles, Suzanne Simon (1906-1989) et Yvonne Simon (1907-1963). La première épouse un industriel de Chambéry, George Biehlmann, administrateur directeur des anciens Établissements François Bal (Tanneur), à Chambéry. Comme on le voit parfois, après des couples qui ont visiblement restreint la taille de leurs familles, comme les parents (Albert Simon et Jeanne Gandelet) et les grands-parents (Théodore Simon et Marie Joséphine Magron), Georges Biehlmann et son épouse ont eu sept enfants, nés entre 1929 et 1946, qui leur ont donné vingt-deux petits-enfants. Ils marquent le sommet de l’ascension sociale dans cette branche de la famille, depuis Nicolas Magron. C’est visiblement Théodore Simon, en transformant sa brasserie en une entreprise capitaliste qui a fait franchir une étape dans l’accession de cette famille à la bourgeoisie industrielle et financière. L’autre fille du couple, Yvonne épouse un marchand de chevaux de Nancy, Maurice Cothenet (1897-1984) dont elle semble n’avoir jamais divorcé, mais dont elle est rapidement séparée. Son seul fils s’installe ensuite à Lyon où se trouve aujourd’hui sa descendance.
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| Avis de décès, dans l'Est républicain, du 4 octobre 1929 |
À la génération précédente, la seule fille de Théodore Simon et Marie Joséphine Magron, Marie Simon (1884-1946) épouse en 1905 un docteur en médecine, Alfred Chaudron (1876-1947). Né à Neufmaisons, en Meurthe-et-Moselle, en 1876, il est docteur en médecine de la faculté de Nancy en 1902, avec une thèse sur « Des injections de vaseline et paraffine dans la prothèse oculaire ». Il s’installe ensuite à Celles-sur Plaine dès 1902, où il exerce jusque vers 1943. Comme nous l’avons dit, il est administrateur de la brasserie de Vaucouleurs après le décès de son beau-père. Leur fils cadet, Jean (1914-1943) est lui aussi docteur en médecine mais décède prématurément le 29 août 1943, à vingt-huit ans, quatre mois après son mariage avec une docteure en pharmacie. Il serait mort des suites d’une septicémie contractée à l’hôpital. Leur fils aîné Robert Chaudron (1907-2000) est professeur et la seule fille, Marguerite (1910-1999), épouse un ingénieur, Gaston Tisserand (1904-1981).
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| Avis de décès, dans l'Est républicain, du 9 avril 1947 |
Mathilde Magron (1870-1936), ép. Louis Martin (1863-1923)
La fille aînée du second mariage de Jean Baptiste Magron avec Marguerite Biétry, Mathilde Magron (1870-1936), épouse, en 1892, Louis Martin (1863-1923), de Vaucouleurs où il est employé de commerce au moment de son mariage. Il devient ensuite un important négociant en grains qui lui permet d’accéder à une aisance financière suffisante pour qu’il puisse devenir rentier, en 1921. Ils n’ont eu qu’un seul fils, Maurice Martin, né le 1er janvier 1894. Alors qu'il est négociant, comme son père, il s'engage pour trois ans le 2 octobre 1912 à la mairie de Vaucouleurs et rejoint le 155e régiment d'infanterie. Il est promu caporal, le 10 février 1913, puis sergent le 1er octobre 1913. Pendant la guerre, il est promu à titre temporaire sous-lieutenant le 17 juin 1915. Il est tué sur le champ de bataille au Bois de la Gruerie, sur la commune de Vienne-le-Château (Marne) le 19 juin 1915 ou le 30 juin, selon les sources. Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes, portait initialement la date du 30 juin, raturée en 19. Sa fiche matricule et sa tombe au cimetière de Vaucouleurs portent le 30. Ses carnets de guerre ont été partiellement transcrits sur la période qui va de la mobilisation, le 30 juillet 1914, jusqu’au 9 décembre de la même année.
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| Carnet de guerre de Maurice Martin. Cliquez sur l'image pour accéder à la transcription (source : www.chtimiste.com). |
Restée veuve après le décès de son mari Louis Martin en 1923, Mathilde Magron fait un testament au profit de la municipalité de Vaucouleurs, en mémoire de son fils unique décédé. Elle lègue au Bureau de Bienfaisance de la ville une rente annuelle de 200 francs, « destinée à secourir, chaque année, une famille nécessiteuse et digne d’intérêt de Vaucouleurs ». Cette rente doit porter la mention : « Fondation Maurice Martin ». Elle lègue aussi une rente de 150 francs pour que la commune entretienne la tombe de la famille Martin.
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| Le Bulletin meusien, du 12 décembre 1936 |
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| Avis de décès dans l'Est républicain, du 24 juin 1936 |
Si la fondation semble avoir disparu, la tombe existe toujours au cimetière de Vaucouleurs, visiblement bien entretenue.
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| Tombe de la famille Martin, au cimetière de Vaucouleurs |
Georges Magron (1875-1958)
Enfant cadet du second mariage de Jean Baptiste Magron avec Marguerite Biétry et seul petit-fils de Nicolas Magron, il aurait pu assurer la perpétuation du nom de Magron, mais son seul fils n’a eu que des filles.
Après son service militaire, Georges Magron ne choisit pas de succéder à son père comme marchand de bois, peut-être parce que celui-ci est décédé depuis presque dix ans. Il va rejoindre sa sœur et son beau-frère à Vaucouleurs en 1897 où il apprend le métier de brasseur. Il passe ensuite quelques mois à la brasserie « La Samaritaine », à Vittel, en 1899, avant de revenir à Vaucouleurs, puis, en 1902, de s’installer comme brasseur, à Raon L'Étape, rue de la Brasserie.
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| En-tête de facture de la Brasserie raonnaise, G. Magron, à Raon L'Étape |
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| Plaque publicitaire de la Brasserie raonnaise, G. Magron, à Raon L'Étape |
Deux ans plus tard, il épouse Elvire Barthélemy, la fille d’un brasseur installé au hameau de La Grange, à Manom, en Moselle, près de Thionville, en Lorraine allemande. Le jour de leur mariage, les deux témoins sont aussi brasseurs : Charles Draux, de Jarny, et Théodore Simon, de Vaucouleurs, beau-frère de Georges Magron. L’activité de brasseur de Georges Magron, à Raon L'Étape, est connue au moins jusqu’en 1911. En 1921, il habite désormais avec sa famille à Laxou, rue de Santifontaine, près de Nancy, puis à Nancy, 35, avenue Alsace-Lorraine [avenue Jean-Jaurès] en 1922 avant de s'installer à Favières, une commune rurale au sud-est de Nancy où il gère une entreprise de machines agricoles. C'est dans cette commune que décède son épouse en 1934.
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| Avis de décès dans Le Lorrain, du 9 septembre 1934 |
Leur seul fils, Pierre (1907-1979), débute comme mécanicien, dans l'établissement de machines agricoles de son père. Il s'installe ensuite à Lunéville, la ville natale de son épouse, comme commerçant rue des Capucins [rue du Général-Leclerc], où il est recensé avec sa famille en 1936. Il revient ensuite à son métier d'origine, mécanicien, et s'installe avec sa famille à Mirebeau-sur-Bèze, une commune de la Côte-d'Or, au nord-est de Dijon, peut-être grâce à une opportunité professionnelle qui s'est présentée, car rien ne lie alors cette branche Magron à cette région. Pierre Magron, son épouse Marguerite Keller (1909-1997) et leurs quatre filles y sont recensés rue de Dijon à partir de 1946. L'implantation de la famille y est durable car certains vivent encore dans cette région. Leur seconde fille, Marie-Claude, y est décédée en 2015.
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| Descendance de Nicolas Magron et de sa seconde épouse |
Après la descendance du seul fils de Nicolas Magron et Marie Prone, nous nous intéressons maintenant aux trois fils de son second mariage avec Julie Arnoux. Comme nous allons le détailler, ces enfants ont souvent eu des destins plus aventureux ou heurtés que celui du fils de premier mariage, Jean Baptiste.
Eugène Magron (1834-1878)
Le premier fils du second mariage se met dans les traces de son père Nicolas. Après son mariage en 1858, avec Adèle Adam (1839-1867), il s’installe comme aubergiste, à Raon-sur-Plaine (1859-1860), puis devient négociant et marchand de bois, dans la commune voisine d’Allarmont, commune d’origine de sa femme, toujours dans la vallée de La Plaine. Visiblement, les affaires ne marchent pas car, le 8 janvier 1872, il « cessa ses paiements, abandonna furtivement son domicile et passa en Suisse, laissant un passif de 80,000 fr. » Avec la complicité de son beau-frère Louis Adam et de l’épouse de celui-ci, il leur a transféré une part des actifs, en particulier tous ses biens immobiliers, ce qui est une dissimulation d’actif, autrement dit un délit. Arrêté en Suisse, Eugène Magron est extradé en France le 19 février 1872. Des documents retrouvés sur lui prouvent qu’il s’est concerté avec son beau-frère pour préparer sa fuite. Il est condamné le 6 décembre 1872 par la cour d'assises des Vosges à quatre ans de prison pour faillite frauduleuse et son beau-frère Louis Adam est acquitté. Eugène Magron bénéficie de circonstances atténuantes. On ne sait pas lesquelles ont été avancées par son avocat. Il est probable que les perturbations apportées au commerce par l’annexion de l’Alsace et des villages du versant oriental du massif des Vosges ne sont pas étrangères aux difficultés du commerce du bois après la Guerre de 1870, même si les premières pertes datent de 1869 (voir l'article du Mémorial des Vosges, du 8 décembre 1872 : cliquez ici).
Après avoir purgé sa peine, il part s’installer à Strasbourg. Sa condamnation a sûrement été complétée d’une interdiction de gestion. L’Alsace étant désormais allemande depuis 1871, cette interdiction ne s’applique plus, ce qui lui permet d’être commerçant dans cette ville. De plus, il n’a plus d’attaches dans les Vosges car son épouse est morte en 1867 et leur seule fille, Emma, est décédée à l’âge de sept ans an 1866. Il se marie à Strasbourg le 17 mars 1877, avec Joséphine Raugel, de Wolxheim, un village du Bas-Rhin à l’ouest de Strasbourg.
Après le mariage, le couple s'installe à Wolxheim où leur naît une fille, Emma, le 17 février 1878. Quelques mois plus tard, Eugène Magron y meurt, le 14 octobre 1878, à l’âge de quarante-quatre ans. À ce moment-là, le village se trouve en Allemagne et l’état civil est rédigé en allemand. Cette branche reste implantée à Wolxheim où elle est aujourd’hui représentée par une famille de viticulteurs, les Scharsch, issue du mariage d’Emma Magron (1878-1941) avec Joseph Albert Scharsch (1865-1940).
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| Domaine Joseph Scharsch, à Wolxheim |
Augustin Adolphe Magron (1836-1873)
À l’âge de vingt ans, Augustin Adolphe Magron – il est difficile de savoir quel est son prénom d’usage – est voiturier chez ses parents, à Raon-sur-Plaine. En cela, il s’inscrit dans la tradition familiale, car, on s'en souvient, son grand-père Valentin Magron qu’il n’a pas connu était lui aussi voiturier. Il est probable qu’il travaille pour son père, marchand de bois.
Il se marie une première fois le 17 novembre 1860 avec Marie Louise Gérard, la fille d’un aubergiste de Netzenbach, hameau du village de Lutzelhouse, dans la vallée de la Bruche. Elle meurt quatorze mois plus tard chez ses parents. Au moment de son mariage, Augustin Adolphe Magron est qualifié de boulanger. C’est la seule mention de ce métier dans sa vie.
Quelques années plus tard, il se remarie à Badonviller, en Meurthe-et-Moselle, le 19 mars 1867 avec Maria Marchal, la fille d’un marchand de vins en gros de ce bourg connu pour ses faïenceries. Augustin Magron – c’est ainsi qu’il signe son acte de mariage – est alors voyageur de commerce à Badonviller comme l’est son frère Prosper, son témoin, à Bar-le-Duc. Son autre témoin est son frère Eugène, propriétaire à Allarmont.
Le couple habite Badonviller où Augustin Magron s’établit marchand (ou négociant) de vins, dans la rue Saint-Martin. Il est probable qu’il a succédé à son beau-père. C’est là que naît leur fille unique Camille, le 10 janvier 1868.
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| Badonviller, rue Saint-Martin |
En janvier et février 1872, ils passent une annonce dans la presse pour vendre la maison qu’ils possèdent à Badonviller. Ils ont pour projet de partir en Algérie où se trouve peut-être déjà le père de Marie, Charles Laurent Marchal, que l’on retrouve instituteur à Sétif en 1874. Augustin Magron et Maria Marchal s'installent en Algérie, à Oued Athmenia, à quarante kilomètres au sud-ouest de Constantine, dans le courant de l'année 1872. Il s'établit loueur de voitures dans cette commune. Pour quelques décennies l’histoire de cette branche de la famille se déroule en Algérie, puis en Tunisie, avant le rapatriement en France.
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| Le Courrier du Bas-Rhin, du 31 janvier 1872 |
Peu après son installation en Algérie, Augustin Magron décède à l'hôpital militaire de Constantine. Il y est admis le 3 janvier 1873 et meurt cinq jours plus tard d’une variole confluente. Sa veuve, Maria Marchal se remarie un an plus tard avec un propriétaire d’Oued Athmenia, Bonaventure Balande.
Camille Magron, la fille unique d'Augustin Magron et de Maria Marchal épouse un colon de Châteaudun-du-Rhumel, Henri Corbie, d’une famille notable de Lagny-sur-Sec (Oise). Son tuteur, son beau-père Bonaventure Balande, s’oppose à ce mariage qui est finalement autorisé par une mainlevée du 4 février et un accord du procureur de la République de Constantine le même jour. Châteaudun-du-Rhumel, aujourd’hui Chelghoum Laïd, est limitrophe d’Oued Athmania. Quelques années plus tard, la famille déménage dans la commune mixte des Maâdid (Bordj-Bou-Arréridj) où Henri Corbie possède une exploitation agricole près de la gare de Tassera.
La famille Corbie s’installe ensuite en Tunisie, à une date inconnue. Le fils aîné Léon s’installe vers 1913, à Henchir Soltane, sur la commune de Grombalia, une ville tunisienne située au nord-est du pays, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tunis. Il meurt avec sa femme lors d’un accident avec un train à un passage à niveau à Hamman Lif, à une dizaine de kilomètres de Tunis. L’autre fils Albert, est commis de travaux publics, à Tunis en 1920. En 1949, il habite avec se femme et ses deux fils à Tunis, 9 rue Charles-de-Gaulle. L’un des fils, Léon, né en 1931 à Tunis, s’est installé à Rennes après l’indépendance où se trouvent encore ses descendants.
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| Le Populaire, du 2 octobre 1929 |
Prosper Magron (1842-1920)
À la différence de ses deux frères aînés, Prosper Magron semble avoir eu une vie plus paisible. Comme eux, il se lance dans le commerce. Lorsqu’il se marie en 1871 avec Berthe George, une jeune fille de Ligny-en-Barrois, il est voyageur de commerce. Après son mariage, le couple crée un commerce de marchand de nouveautés, dans la ville natale de Berthe George. Visiblement, ils réussissent en affaires car ils peuvent se retirer dans les années 1890. Ils accèdent au statut de rentier tant recherché par la petite bourgeoisie, à cette époque. À une date indéterminée, ils quittent Ligny-en-Barrois et s’installent à Nancy, au 18bis, rue de l'Étang [rue Gabriel-Mouilleron], où Prosper Magron décède le 25 janvier 1920 à soixante-dix-sept ans.
Il a été mêlé à la faillite frauduleuse de son frère Eugène, car il s’est porté caution pour lui auprès du banquier Mézière, de Blâmont. Au moment de ses difficultés, son frère lui donne 29 000 francs pour se libérer de cette caution, ce qui se fait au détriment des créanciers de la faillite. Malgré cela, Prosper Magron n’est pas ennuyé lors du procès de 1872.
Prosper Magron est le président de la section de la Ligue des droits de l'homme de Ligny-en-Barrois, au moment de sa création, en 1903.
Après son décès, sa veuve revient vivre à Ligny-en-Barrois où elle habite avec une domestique au 25, rue Leroux, comme locataire de M. Marc, boulanger. Le 7 février 1934, elle est admise à la maison de santé de Fains, aujourd’hui Fains-Véel, près de Bar-le-Duc. À cette date, « les fonctions cérébrales de la veuve Magron sont à peu près abolies » et elle est atteinte de « démence sénile avec gâtisme. » Elle décède quelques jours plus tard à l’âge de quatre-vingt-deux ans.
Au moment de son décès, elle dispose d’une belle fortune de 400 000 francs, fruit du travail et des gains du commerce de nouveautés qu’elle a tenu avec son mari. Comme ils n’ont pas eu d’enfants, elle fait trois testaments entre 1925 et 1928 qui instituent la ville de Ligny-en-Barrois légataire universelle de cette somme. Ensuite, par un testament du 8 juillet 1931, elle institue Mlle Schmitt, de Bar-le-Duc, sa légataire universelle, à charge pour elle de régler un legs de 50 000 francs au profit de l'hospice de Ligny-en-Barrois. Au moment de son décès, ce dernier testament est visiblement inconnu. Même s’il prend la précaution d’utiliser le conditionnel, le rédacteur de l’article nécrologique paru dans la presse se félicite déjà de ce legs à la ville de Ligny-en-Barrois qui doit permettre de créer une crèche.
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| Le Bulletin meusien, du 24 février 1934 |
Lorsque le dernier testament est connu, la municipalité entame une action en justice pour le faire invalider au motif qu’au moment de sa rédaction, Mme Magron « ne possédait plus la plénitude de ses facultés mentales ». Malgré un appel, la ville est déboutée car Mlle Schmitt arrive à démontrer, preuves à l’appui, que Berthe George, veuve Magron, jouissait de toutes ses facultés lors de la rédaction du testament de 1931 (voir les articles du Bulletin meusien, du 1er février 1936 et de l'Est républicain, du 23 novembre 1936).
Lien vers la généalogie de Nicolas Magron et ses deux épouses : cliquez ici.
Article sur les origines de la famille Magron et de Nicolas Magron : Les origines de la famille Magron et les trois premières générations : Dominique, Joseph et Valentin.










































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